Le 5 avril dernier avait lieu au Ritz Carlton à Montréal un déjeuner-causerie organisé par La Gouvernance au Féminin, au cours duquel Monique F. Leroux, présidente de l’Alliance coopérative internationale et du CA d’Investissement Québec, a répondu aux questions de Caroline Codsi devant un parterre bondé. Le but de l’initiative : amener l’invitée à partager avec l’auditoire ses opinions, points de vue et expériences quant à l’atteinte de la parité dans le milieu des affaires.

La gestion du changement

Madame Leroux a amorcé la discussion en mettant de l’avant deux thèmes qui lui sont particulièrement importants. D’abord, il y a le fait que, dans un monde en pleine transformation, les femmes qui occupent un rôle de leadership doivent saisir comment s’inscrire dans un tel changement, anticiper les défis et les menaces et, surtout, savoir identifier, avec ceux qui les entourent, les façons de transformer le tout en opportunités. « Nous sommes tous, hommes et femmes, confrontés à la notion de gestion de changement », a-t-elle insisté.

 

Le leadership inclusif

Second thème incontournable selon elle : la dimension de leadership inclusif. « Oui, la diversité est essentielle, mais pas uniquement au niveau des genres, a souligné Madame Leroux. Dans un contexte de mondialisation, la diversité s’étend à l’échelle globale. Elle intègre donc invariablement la diversité culturelle, ce qui amène la dimension d’inclusion. » Celle qui fut durant huit ans présidente du Mouvement Desjardins voit dans cette dimension le trait commun de ses nombreuses implications. « Si je fais équipe avec autant de gens, c’est justement pour relever des défis dans une perspective de leadership inclusif », a-t-elle dit.

dîner causerieAmbition, Attitude, Action

Interrogée à savoir si elle croyait qu’un des défis dans l’ascension des femmes en entreprise était attribuable à un certain manque de confiance, Madame Leroux a répondu en soulignant l’importance qu’elle accorde au principe des trois « A », c’est-à-dire l’ambition, l’attitude et l’action. « Pour réaliser ses ambitions, que l’on soit homme ou femme, il faut avoir la bonne attitude, a-t-elle affirmé. Il faut être convaincu pour être convaincant, et cela exige un haut degré de confiance, et c’est ce genre d’attitude que l’on doit chercher à faire résonner chez ceux qui font équipe avec nous. » Oui, il lui est arrivé de devoir encourager des collègues féminines qui hésitaient à grimper les échelons corporatifs par manque de confiance. « Et je n’ai jamais été déçue des résultats », a-t-elle ajouté.

La prise de risque

Selon Madame Leroux, l’un des principaux facteurs qui expliqueraient une présence masculine dominante en entrepreneuriat et à la tête d’entreprises est lié à la notion de risque. Son expérience lui a permis de constater que, de façon générale, les femmes font davantage preuve de prudence dans la gestion du risque que les hommes. « Or, en prenant le temps de l’évaluer en profondeur, on se rend souvent compte que le risque n’est pas aussi important que ce que l’on avait perçu au départ, et c’est pourquoi il ne faut pas hésiter à agir et à faire ce qu’il faut pour prendre notre place par nous-mêmes », a-t-elle rappelé.

Les avancées politiques

Pour la présidente, la législation du gouvernement du Québec imposant à ses sociétés d’État d’atteindre la parité dans leur CA constitue définitivement un pas dans la bonne direction. « Pour moi, il y a une logique indéniable dans l’idée d’amener les sociétés d’État à concrétiser la parité homme-femme sur leur CA, comme façon de refléter la volonté, les intentions d’une société », a-t-elle observé, rappelant que le CA d’Investissement Québec, dont elle est présidente, est d’ores et déjà composé davantage de femmes que d’hommes.
Enfin, Madame Leroux a abordé le sujet du Conseil canado-américain, dont elle est membre, qui vise justement à discuter de l’avancement des femmes d’affaires et entrepreneures des deux côtés de la frontière. « L’objectif est de partager des pratiques d’une part et d’autre qui peuvent nous sembler porteuses, et aussi d’identifier des lacunes potentielles à considérer, par exemple en ce qui a trait à l’accès au financement, aux politiques familiales, aux études, à la valorisation des femmes en entreprise, etc. », a-t-elle révélé. L’idée est par la suite de soumettre des propositions au premier ministre Trudeau et au président Trump. Huit rencontres entre les membres du Conseil sont d’ores et déjà prévues. « Évidemment, question délais, rien n’est clairement déterminé pour l’instant, sachant que le gouvernement américain a possiblement aussi d’autres priorités à gérer », a-t-elle conclu en riant.

Rédacteur en chef : Rock Pinard

 

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